P r o t h è s e d e l a c h e v i l l e


L'articulation de la cheville ou talo-crurale

a une biomécanique complexe et concentre sur une surface de 10 à 12 cm² jusqu'à 5 à 7 fois le poids du corps lors de la marche et de la course.

L'usure de cette cheville, appelée arthrose talo-crurale, est le plus souvent secondaire à un traumatisme ayant entraîné une fracture (Bimalléolaire, talus) ou à la répétition d'entorses de cheville. Elle est très rarement essentielle, c'est à dire sans facteur causal. Elle est favorisée par l'existence d'un trouble architectural tel qu'un pied plat valgus ou un pied creux varus.

L'histoire des prothèses de cheville commence en 1970. La prothèse de hanche connaît alors un essor fantastique et les chirurgiens eurent l'idée de l'adapter à la cheville en inversant son sens.

Cette première génération de prothèse fut un échec considérable et on vit très rapidement apparaître les prothèses de cheville de 2ème génération.

Elles comportaient 2 implants spécifiques, tibial et talien. Cependant, les contraintes mécaniques s'excerçant sur ces 2 implants étaient bien trop importantes et les échecs beaucoup trop nombreux. .

Au début des années 80 sont apparues les prothèses de 3ème génération. Elles étaient basées sur 3 principes : l'existence d'une pièce intermédiaire en polyéthylène pour répartir les contraintes entre l'implant talien et l'implant tibial ; une résection minimale des coupes osseuses lors de l'intervention afin de préserver les capital osseux ( seulement 3 mm d'épaisseur tibiale est enlevé lors de la mise en place d'une prothèse totale de cheville) ; une fixation osseuse sans ciment pour améliorer leur longévité.

Combien de temps dure une prothèse totale de cheville (PTC) ?

Les dernières publications scientifiques retrouvent une durée de vie de 10 à 15 ans, 80 à 95 % des PTC sont en encore en place 10 ans après l'intervention. Le taux d'échec est encore supérieur à celui des prothèses de genou et des prothèses de hanche mais il est en constante amélioration.

Pourquoi privilégier une prothèse de cheville plutôt qu'une arthrodèse ?

L'arthrodèse est une technique chirurgicale permettant la fusion de 2 os ensemble. L'arthrodèse de cheville a pour but de faire fusionner le tibia avec le talus. C'est une opération fiable avec un faible taux d'échec à court terme. Elle présente 2 inconvénients majeurs : la perte de mobilité de la cheville responsable d'une moins bonne qualité de vie que pour les patients ayant une PTC ; l'usure rapide des articulations adjacentes liée au report des contraintes sur celles-ci entraînant jusqu'à 100 % d'arthrose sous-talienne ( entre talus et calcanéum) et talonaviculaire ( entre talus et naviculaire) 10 ans après l'intervention.

Quel bilan d'imagerie doit être réalisé ?

Le diagnostic d'arthrose est établi à l'aide de simples radiographies de face et de profil de la cheville. Cependant un scanner de la cheville doit être réalisé avant l'intervention pour s'assurer de l'existence d'un capital osseux satisfaisant à la mise en place d'une prothèse de cheville.

Dans le cas inverse, une arthrodèse devra être envisagée.

Quelles sont les suites opératoires ?

L'hospitalisation est de 4 à 5 jours, l'intervention se déroule sous anesthésie générale ou loco régionale.

Dans les suites de l'intervention, la cheville est immobilisée pendant 3 semaines dans une botte amovible. A l'issue de cette période, la rééducation peut être entreprise, l'appui complet est autorisé 6 semaines après l'intervention.


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