L'analyse et le traitement des problèmes d'épaule ont beaucoup progressé depuis que l'arthroscopie de cette articulation est possible et fiable.

Vous trouverez dans cette rubrique des informations sur ces pathologies qui requièrent les compétences d'un spécialiste, comme nous avons dans notre équipe.

Cliquez sur le titre des parties :

L'arthrose de l'épaule

Qu'est-ce que l'arthrose ?

Au niveau de toutes les articulations l'os est recouvert d'un tissu lisse et légèrement élastique, le cartilage. Il permet aux os de s'articuler en réduisant les frottements.

L'arthrose est l'altération du cartilage et se traduit par des douleurs, une diminution des mouvements et un gonflement de l'articulation.

Les causes de l'arthrose sont multiples :

  • L'age : le cartilage s'use avec le temps comme n'importe quelles pièces mécaniques
  • Les fractures
  • Un mauvais fonctionnement de l'articulation : rupture de la coiffe des rotateurs, instabilité de l'épaule.
  • Certaines maladies détruisent le cartilage : maladies inflammatoires et rhumatismales (polyarthrite rhumatoïde.... )
  • Certaines maladies entraînent la mort du cartilage : maladies métaboliques (certains diabètes), maladies du sang (anémie, hémoglobinopathies)
  • Des produits sont toxiques pour le cartilage : alcool, corticoïdes...

L'arthrose de l'épaule est plus rare (3% des arthroses) que celle de la hanche ou du genou car les contraintes sont différentes. L'articulation de l'épaule ne supporte aucun poids mais c'est l'articulation la plus mobile de l'organisme. Ainsi l'arthrose primitive de l'épaule est rare, elle est souvent secondaire (cf causes supra). L'arthrose de l'épaule est donc longtemps bien tolérée et touche plutôt les personnes âgées.

Douleurs

Elles sont mécaniques, elles ne surviennent que lorsque l'épaule bouge. Elles deviennent permanentes au cours de l'évolution de la maladie. Les antalgiques deviennent inefficaces.

Diminution des mouvements

Au début elle est secondaire aux douleurx puis elle est due à l'augmentation des frottements. Elle s'accompagne de craquements et de blocages.

Les examens complémentaires

De simples radiographies permettent de confirmer le diagnostic .

Pour l'épaule, un arthroscanner peut être utile pour juger de l'état de la coiffe des rotateurs qui est un élément décisif pour adapter le traitement.

Les traitements

Médical

Le traitement médical doit être systématique. Il comprend des antalgiques, des anti inlfammatoires. La rééducation permet de réduire les douleurs et de conserver une articulation mobile. Des infiltrations de produits anti inflammatoires (maximum 2 ou 3) peuvent avoir un bon effet antalgique. Depuis peu, l'injection d'acide hyaluronique dans l'épaule est autorisée. Il s'agit d'un produit visqueux contenant le principal composant du liquide articulaire. Ce produit peut avoir un effet bénéfique prolongé sur les symptômes de l'arthrose.

Chirurgie arthroscopique

Lorsque l'arthrose est modérée mais que le traitement médical n'est plus efficace, un « nettoyage » de l'articulation peut être envisagé. Il se fait sous arthroscopie (chirurgie assistée par vidéo). Nous lavons l'articulation, nous retirons tout les débris osseux et cartilagineux, et tout les tissus inflammatoires. Cette intervention peut se faire en hospitalisation ambulatoire. Aucune immobilisation est nécessaire. Les effets de cette intervention ne sont que temporaires.

Prothèse

Si, malgré les traitements habituels, les douleurs persistent, la mise en place d'une prothèse d'épaule peut être envisagée. Le principe de la prothèse est de remplacer le cartilage usé par une pièce mécanique afin de réduire les frottements, donc les douleurs et de redonner de la mobilité : Une sphère métallique est implantée dans l'humérus Une cupule en polyéthylène est implantée dans la glène de l'omoplate

Il existe différent type de prothèses. Chacun a une indication précise que nous déterminons en fonction de l'âge, de la cause de l'arthrose, de l'importance de l'arthrose, de l'état de la coiffe des rotateurs et de la qualité osseuse.

  • Les prothèses anatomiques :

Leur modularité permet de s'adapter à chaque cas particulier afin de rétablir l'anatomie initiale. La résection osseuse est minimale et nous conservons tout les tendons et muscles qui doivent donc être sains.

  • Les prothèses totale inversée :

Cette prothèse a une stabilité propre qui lui permet de fonctionner lorsque les tendons et les muscles de la coiffe des rotateurs sont rompus.

Les suites opératoires

Une hospitalisation de quelques jours est nécessaire.

Une immobilisation coude au corps est mise en place pour un mois.

La rééducation est débutée rapidement sous le contrôle d'un kinésithérapeute. Elle se déroule en trois phases :

  • PHASE I : Récupération compléte de la mobilité passive (J0 à J30)
  • PHASE II : Réveil musculaire (J30 – J60)
  • PHASE III : Renforcement musculaire

Comme pour toutes les pathologies de l'épaule la rééducation a un rôle primordial au même titre que le geste chirurgical. Une rééducation précoce, prolongée et bien coordonnée par le kinésithérapeute et le chirurgien est indispensable pour obtenir une bon résultat. Cette rééducation nécessite souvent une prise en charge dans un centre de rééducation lors du premier mois après l'intervention.

Les résultats

Des progrès très importants ont été réalisés depuis quelques années grâce à une meilleure compréhension du fonctionnement de l'épaule et à une amélioration des prothèses (design, longévité). Les résultats des prothèses d'épaule sont difficiles à exposer de façon synthétique car ils dépendent de nombreux facteurs (âge du patient, cause de l'arthrose, type de prothèse).

Les prothèses d'épaule permettent une nette diminution des douleurs et une amélioration des mobilités. Par contre la force reste faible.

La littérature médicale rapporte que :

  • La douleur est nulle ou légère dans 90% des cas.
  • La mobilité augmente de 50° environ pour la flexion de l'épaule ( lever du bras devant soi) pour atteindre 130° en moyenne.
  • La force augmente peu ( 2 à 4 kg).
  • Les patients sont satisfaits du résultat dans 80 à 85% des cas.
Complications

La mise en place d'une prothèse d'épaule reste une intervention délicate et des complications surviennent dans 15 à 20 % des cas avec nécessité d'une nouvelle intervention dans 5% des cas. Les infections sont rares (0,5%) .Nous pouvons être confronté à des luxations (4%), des ruptures secondaires de la coiffe des rotateurs (4%), des douleurs persistantes, une diminution des mobilités (capsulite), des lésions nerveuses.

Conclusion

Une prothèse d'épaule ne permet pas de retrouver une épaule normale comme c'est souvent le cas pour une prothèse de hanche. Mais elle assure une diminution voire une disparition des douleurs et une augmentation des mobilités. L'épaule devient à nouveau fonctionnelle.

Pathologies acromio-claviculaires

Anatomie

Cette articulation unie l'extrémité de la clavicule et une partie de l'omoplate (l'acromion).

On distingue deux types de lésion :

  • Les lésions post traumatiques (entorses, luxations et fractures)
  • Les lésions dégénératives (arthrose)
Les entorses et luxation acromio-claviculaires

Elles sont fréquentes. Elles sont secondaires à une chute sur l'épaule qui pousse brutalement l'épaule vers le bas alors que la clavicule reste en place. Ceci entraine une distension voire une rupture des ligaments qui maintiennent la clavicule en face de l'acromion. La clavicule est alors attirée vers le haut par les muscles du cou.

Elles sont typiques de certains sports (rugby, judo, chute de ski ou de vélo)

Il existe plusieurs degrés de gravité en fonction du déplacement de l'extrémité de la clavicule vers le haut.

  • L'entorse : les ligaments ne sont pas déchirés. Il n'existe pas de déformation. Seule l'articulation est douloureuse en particulier quand on appui dessus et quand on bouge l'épaule. Les radiographies sont normales.
  • La disjonction : une partie des ligaments sont déchirés. Il existe une ascension modérée de la clavicule (= bosse). Les douleurs sont présentes. Les radiographies montrent que la clavicule n'est plus tout à fait en face de l'acromion.
  • La luxation : tout les ligaments sont rompus. L'extrémité de la clavicule est très haute. Elle est visible juste sous la peau. Il existe une mobilité anormale, on peut faire redescendre la clavicule en appuyant dessus et elle remonte dés qu'on la relâche (comme une touche de piano). Sur les radiographies il n'existe aucun contact entre la clavicule et l'acromion.
Les traitements
  • Médicaux

Ils sont systématiques pour les stades 1.

Ils comprennent, une écharpe pour soutenir le bras, des antalgiques et parfois un strapping pour limiter les mouvements de la clavicule.

La durée de ce traitement va de quelques jours à 6 semaines en fonction de la gravité.

Une reprise des activités sportives est envisagée dés que la cicatrisation ligamentaire est acquise (6 semaines minimum).

La guérison est la règle mais il persiste une déformation au niveau de l'articulation. Des douleurs modérées peuvent persister pendant plusieurs mois.

  • Chirurgicaux

Ils sont rares en urgence. Une intervention en urgence concerne les stades 2 et 3 dans des cas bien particuliers (sportifs ou personnes ayant une activité physique ou manuelle sollicitant beaucoup les épaules).

Il faut alors remettre en place la clavicule en face de l'acromion et la stabiliser par des broches. Ce traitement ne donnait pas toujours entière satisfaction et de nouvelles techniques sous arthroscopie existent.

Une intervention peut être nécessaire plusieurs mois après le traumatisme devant la persistance de douleurs ou d'une gêne fonctionnelle. Les ligaments rompus ne sont plus réparables. Nous réalisons un transfert de ligaments pour stabiliser la clavicule.

L'arthrose acromio-claviculaire

Comme toutes les articulations de l'organisme, l'articulation acromio-claviculaire peut être atteinte par l'arthrose.

Elle peut être primitive (pas de cause particulière) ou secondaire soit à un traumatisme ancien (fracture de la clavicule ou luxation acromio-claviculaire) soit à une surutilisation (sport, activités professionnelles).

Elle se traduit par des douleurs de la région de l'épaule. Elle peuvent descendre dans le bras et remontent fréquemment dans le cou. On peut sentir des craquements au niveau de l'articulation.

Les radiographies confirment le diagnostic, souvent un Arthroscanner ou une Irm est nécessaire pour éliminer une autre cause de douleurs.

Le traitement commence par la prise d'antalgiques et d'anti-inflammatoires. La rééducation est peu efficace. On peut faire une infiltration de cette articulation. Si les douleurs persistent une intervention est justifiée. Elle se fait sous arthroscopie ; on enlève un morceau (quelques millimètres) de la clavicule et de l'acromion pour faire disparaître le contact anormal (et donc douloureux) entre les deux os. Il faut ensuite faire de la rééducation.

Luxations et instabilités de l'épaule

Pourquoi et comment l'épaule se luxe t'elle ?

Les luxations de l'épaule sont les luxations les plus fréquentes ( environ 10 cas pour 100000 habitants). Cette articulation est la plus mobile de l'organisme ce qui lui confère une vulnérabilité dans les mouvements extrêmes. Il n'existe aucune stabilité primaire osseuse . La tête de l'humérus a une forme de sphère et s'articule avec la glène ( omoplate) qui est quasiment plane. La tête de l'humérus a un diamètre trois fois supérieur à celui de la glène.

On peut comparer cette articulation à une balle de golf posée sur un tee.

La stabilité de cette articulation est assurée par les muscles, les tendons et les ligaments qui l'entourent

Le plus souvent les luxations de l'épaule surviennent suite à un traumatisme violent qui est responsable d'une perte de contact totale et permanente entre les deux parties de l'articulation. Il peut s'agir d'une chute sur l'épaule (rugby, judo) ,d'une chute sur la main bras tendu ( ski, snowboard) ou d'un traumatisme en abduction / rotation externe, c'est le geste du lancer ( volley ball, handball, basket, natation, tennis....).

La principale complication de la luxation de l'épaule est la récidive qui se présente sous différentes formes :

  • Les luxations récidivantes : répétition traumatique d'une luxation antérieure typique survenant plus facilement pour des traumatismes de plus en plus bénin et souvent plus facile à réduire. Ces récidives se manifestent surtout avant l'âge de 30 ans, leur fréquence diminue avec l'âge. Les récidives sont précoces, avant la 2ème année dans 80% des cas.
  • Les subluxations : la luxation n'est pas complète. La perte de contact entre les deux parties de l'articulation est partielle et transitoire.
  • Les douleurs : dues à une mobilité anormale de l'articulation. Ces douleurs n'ont souvent rien à voir avec un traumatisme et surviennent lors de certains mouvements.
Les symptomes

La luxation : douleur est très importante, mobilisation de l'épaule impossible. L'épaule est déformée. La réduction de la luxation se fait par des manœuvres précises mais certains patients la réduise seul.

Les subluxations : douleurs transitoires de l'épaule lors de certains mouvements ( geste du lancer, bras en arrière ou au dessus de la tête) associées à des sensations « bizarres » dans l'articulation ( ressaut, blocages, sensation de corps étranger, claquement...).

Enfin la douleur peut être le seul symptôme de l'instabilité.

Pourquoi des récidives ?

Lorsque l'articulation se luxe des ligaments sont détendus voire arrachés et l'os est parfois fracturé. Une fois la luxation réduite, les ligaments restent détendus et ne cicatrisent pas toujours. Il persiste donc des anomalies qui vont favoriser la survenue de nouvelles luxations, de subluxations et de douleurs. Heureusement la récidive n'est pas systématique même si les lésion ligamentaires sont, elles, constantes.

La récidive complique 25 à 90% des luxations. Les principaux facteurs de récidives sont l'age (jusqu'à 90% de récidives si moins de 18 ans) et le type de sports pratiqués.

Que faire ?
  1. PREVENIR : 
 Pour prévenir ces récidives, il est important d'immobiliser l'épaule pour que les ligaments cicatrisent, et de rééduquer pour renforcer les muscles qui pourront pallier la « faiblesse » des ligaments. De même il est envisageable d'effectuer un traitement chirurgical arthroscopique préventif d'une première luxation afin d'éviter les récidives. Cette façon de procéder a prouvé son efficacité mais doit être proposée à des cas très particuliers où l'instabilité affecte des patients jeunes, sportifs de haut niveau ou exerçant une activité professionnelle ou sportive à haut risque.
  2. TRAITER. 
 En présence d'une instabilité récidivante antérieure et quelle qu'en soit la forme le traitement définitif est chirurgical. Nous disposons de deux types d'interventions :
  • La butée coracoïdienne est la plus ancienne et la plus fiable. Cette intervention nécessite une voie d'abord de 5 à 7 cm à la face antérieure de l'épaule. On réalise une greffe osseuse ( = la butée) fixée en avant de l'articulation de l'épaule. Sur cette butée s'insèrent des muscles qui vont se tendre devant l'articulation lors des mouvements susceptibles de provoquer des luxations. Ainsi, avec cette technique le taux d'échec (=récidive de luxation malgré l'intervention) est très faible (< 1%), les résultats sont très bons dans 75% des cas et les patients sont satisfaits dans 95% des cas. Mais des complications peuvent survenir, dont certaines sont communes à toutes les interventions chirurgicales ( échecs, algodystrophies, douleurs résiduelles, raideur de l'épaule, infections...), et d'autres sont plus spécifiques de cette intervention (absence de fusion de la butée, fracture de la butée, démontage). Une hospitalisation de 2 à 3 jours est préférable, aucune immobilisation est nécessaire, la rééducation est débutée immédiatement. La plupart des activités quotidiennes sont possibles au bout d'un mois et les activités sportives sont progressivement reprises à partir du troisième mois.
  • L'autre technique chirurgicale est plus récente et novatrice. Il s'agit de retendre et de réinsérer les différents éléments ( ligaments, bourrelet glénoïdien) qui ont été arrachés lors de la luxation. Cette intervention se fait maintenant sous arthroscopie (chirurgie assistée par vidéo). Il n'existe plus de grande cicatrice mais seulement 2 ou 3 points d'entrées. L'articulation de l'épaule n'est pas ouverte et l'ensemble des muscles autour de l'articulation reste intact. Une hospitalisation de 24 heures est préférable. Une immobilisation coude au corps de quatre semaines est par contre indispensable pour permettre aux ligaments et au bourrelet glénoïdien de cicatriser et d'acquérir une résistance propre. Passé ce délai, la rééducation est entreprise de façon intensive pour récupérer des mobilités normales (il faut un mois environ) et renforcer les muscles. La reprise progressive du sport se fera à partir du quatrième mois. Les résultats sont excellents et bons dans 83% des cas. Les complications de ce type d'intervention existent ( infections, mobilités réduites, algodystrophie, démontage ) mais elles sont très rares. Le principal inconvénient de cette technique est le risque de récidive des luxations qui atteint 10 à 15% . Ce taux est en constante diminution avec le progrès des techniques et la meilleure sélection des patients. Nous proposons cette intervention dans des cas précis pour lesquels nous savons que le taux de récidives sera plus faible.
Quand opérer ?

L'indication est posée dés que les luxations entraînent un handicap fonctionnel (syndrome douloureux permanent et / ou appréhension et / ou récidives rapprochées)

Rupture de la coiffe des rotateurs

La coiffe des rotateurs, qu'est-ce que c'est ?

La coiffe des rotateurs est un ensemble de 5 muscles et de leurs tendons qui entourent et se fixent sur la tête de l'humérus.

On décrit 3 muscles principaux, le muscle sous scapulaire en avant, le muscle supra épineux en haut, le muscle infra épineux en arrière . Un muscle accessoire, le muscle petit rond en bas et en arrière (il est rarement rompu) . Et le tendon du muscle long biceps qui n'appartient pas réellement à la coiffe des rotateurs mais qui est très souvent responsable d'une partie des douleurs. Ces muscles permettent les mouvements de rotations de l'épaule. Ils stabilisent l'articulation de l'épaule et donnent de la force.

La rupture, pourquoi ?

Ces tendons sont sollicités en permanence par tous les mouvements de l'épaule et en particulier lors des gestes effectués au dessus de l'horizontale. Ces tendons passent dans une espèce de tunnel osseux contre les parois duquel ils sont susceptibles de frotter. Ce frottement répété (qui correspond au conflit sous acromial) est responsable d'une usure des tendons. Ceci se traduit d'abord par une inflammation du tendon (= tendinite), qui, si elle continue d'évoluer, va aboutir à une rupture du tendon ( rupture de la coiffe des rotateurs). Parallèlement, les tendons de la coiffe des rotateurs vieillissent et deviennent de moins bonne qualité ( ce vieillissement commence dès 30-40 ans).

Les symptomes

Le premier symptôme est la douleur. Elle arrive progressivement. Elle peut apparaître spontanément ou être déclenchée par un traumatisme, un effort ou une activité inhabituelle. Elle s'aggrave pour devenir permanente (jour et nuit). Elle est augmentée par les mouvements de l'épaule. Elle est localisée à l'épaule mais peut irradier dans le cou et dans tout le bras. Comme les tendons sont rompus, la force et les mobilités diminuent. Avec le temps l'épaule peut devenir presque paralysée.

Que faire ?

Devant de tels symptômes, un examen clinique précis permet de poser un diagnostic et même de connaître le ou les tendons rompus. Ce diagnostic est impérativement confirmé par des examens complémentaires comprenant des radiographies et un arthroscanner de l'épaule. Ces documents ont une valeur médico-légale et permettent aux médecins de savoir exactement quel(s) tendon(s) est (sont) concerné(s) et si il(s) est (sont) réparable(s).

Les traitements

Le traitement médical est systématique.

Il comprend des antalgiques, des anti inflammatoires et de la rééducation. Il dure 2 à 3 mois. S'il n'est pas totalement efficace passé ce délai il convient d'envisager une intervention chirurgicale sans tarder. En effet, avec le temps, les tendons se rétractent et les muscles s'atrophient rendant aléatoire voire impossible une réparation de bonne qualité gage de bons résultats.

Le but du traitement chirurgical est de refixer les tendons sur l'os et de nettoyer l'articulation. Dans la mesure du possible nous réalisons ces gestes sous arthroscopie (chirurgie assistée par vidéo). Cette technique limite les incisions cutanées, les douleurs post opératoires, les risques de complications et favorise la récupération qui est plus rapide. Dans certains cas (ruptures étendues, interventions antérieures...) nous devons utiliser les technique plus conventionnelles (à « ciel ouvert »).

Cette intervention se fait sous anesthésie générale. Une hospitalisation de 24 à 48 heures est préférable afin de mieux prendre en charge les douleurs post opératoires (le bras peut rester endormi plusieurs heures après la fin de l'intervention).

 

La rupture des tendons par le Dr Guillaume ROBERT : cliquez ici

 


 

Et après ?

Pour protéger la suture tendineuse une immobilisation est mise en place pour une durée minimum de 30 jours. Durant cette période le tendon cicatrise et acquiert une résistante propre. La rééducation débute dés que les douleurs diminuent (dans les premiers jours qui suivent l'intervention). Celle-ci est aussi importante que le geste chirurgical. Elle participe pour moitié à la qualité du résultat final.

Cette rééducation comporte habituellement 3 phases et dure entre 3 et 6 mois :

  • PHASE I : récupération complète de la mobilité passive (J0 à J45) Glace et Massage, entretient de la mobilité du coude, mobilisation passive de l'épaule (mouvement pendulaire, travail en décoaptation). Le patient réalise à domicile les exercices enseignés.
  • PHASE II : récupération de la mobilité active (J45 à J90) : Pas avant une mobilité passive complète
  • PHASE III : récupération de la force musculaire (après 3mois). Cette rééducation peut se faire dans un cabinet de kinésithérapie ou dans un centre de rééducation fonctionnelle.
Les résultats

Au terme de ce traitement qui est souvent long et contraignant les résultats sont bons dans 94% des cas (en particulier sur la douleur et les mobilités, il persiste fréquemment une diminution de la force musculaire). Cependant une épaule opérée restera toujours plus fragile qu'une épaule normale. Cette épaule doit donc être protégée pour prévenir les récidives. Ceci nécessite parfois des aménagements ou des reclassements professionnels.

La réparation de la coiffe des rotateurs est une intervention chirurgicale à part entière et peut être liée à certaines complications. Nous rencontrons des complications communes à toutes les interventions chirurgicales ; échecs et mauvais résultats (0,7%), infections (0,2%), troubles de la cicatrisation, phlébites (0,2%) ...Il existe aussi des complications plus spécifiques, algodystrophie (2,7%), raideur articulaire ( = mobilités réduites) (3,1%), douleurs séquellaires, faiblesse musculaire, ruptures itératives (= récidives), démontage du matériels, lésions nerveuses (0,1%). Cette liste peut paraître effrayante mais avec les progrès des techniques et des matériaux le taux de complications est en réalité très faible et nombre d'entre elles ne laisseront aucune séquelle.

Conclusion

La rupture de la coiffe des rotateurs est une pathologie de plus en plus fréquente. Elle doit être évoquée chez tout patient de plus de 45 ans qui souffre de l'épaule et chez qui le traitement médical (kiné, antalgiques, anti inflammatoire) n'est pas totalement efficace. De nombreux progrès ont été faits (connaissance de la pathologie, techniques chirurgicales, matériels, rééducations). Les résultats sont maintenant très bons dans l'immense majorité des cas. Il est cependant impératif que le patient soit motivé pour entreprendre une rééducation intensive et que l'équipe (chirurgiens, anesthésistes et kinésithérapeute) qui le prend en charge soit spécialisée.

Quelques chiffres

Age moyen : 58 ans ( +/- 9 ans)

Hommes : 52%

Epaule dominante : 80%

Travailleurs manuels : 60%

Travail bras au dessus de l'horizontale : 84%

Début progressif : 60% ; Début brutal non traumatique : 7% ; Début brutal traumatique : 34%

Délai début des symptômes / chirurgie : 21 mois

Niveau subjectif de récupération : 8,9/10 ( en moyenne)

Excellents résultats : 68,5% ; Bons résultats : 25,5%

Résultats moyen : 5,3% ; Mauvais résultats : 0,7%

Cicatrisation de la rupture : 74,7%

Taux global de complications : 6,4%

Nb : l'ensemble des chiffres exposés sont extraits d'une étude de la Société Française d'Arthroscopie réalisée en 2004 et portant sur 576 patients.

Les tendinites de l'épaule

L'articulation de l'épaule est la plus mobile de l'organisme. Cette mobilité est due, à la forme de cette articulation, et aux muscles qui l'entourent. Les muscles se fixent sur les os par des tendons. Ils sont quatre au niveau de l'épaule :

  • Les trois tendons de la coiffe des rotateurs
  • Le tendon du long biceps

Les tendinites des tendons de la coiffe des rotateurs

Pourquoi ?
  • LA SURUTILISATION : les tendons de la coiffe ont un rôle important. Ils assurent la stabilité de l'articulation de l'épaule en maintenant les pièces osseuses l'une en face de l'autre. Ils permettent l'essentiel des mouvements de rotation du bras et augmentent la force lors de tous les mouvements. Ces tendons sont donc sollicités en permanence : ils peuvent donc s'enflammer, c'est la tendinite.
  • LE CONFLIT SOUS ACROMIAL : il peut exister un contact anormal entre ces tendons et l'acromion ( os faisant partie de l'omoplate qui surplombe l'articulation de l'épaule et qui est palpable au sommet de l'épaule) . C'est une tendinite par conflit sous acromial.
La douleur

Cette tendinite donne des douleurs. Au début les douleurs arrivent après l'effort puis elle apparaissent dés le début de l'utilisation de l'épaule. Souvent elles cessent ou elles diminuent au repos. Avec le temps elles peuvent devenir permanentes. Certains mouvements aggravent ces douleurs : lever le bras sur le côté ou au dessus de l'horizontal. Les mouvements de l'épaule même s'ils sont douloureux restent possibles.

Les examens

Ils ne sont pas nécessaires. Le diagnostic se fait en examinant l'épaule. Les radiographies sont souvent normales. Elles peuvent montrer des calcifications ou un acromion agressif qui favorisent l'usure des tendons. Une échographie retrouvera un tendon anormal, une bursite, la présence de liquide (= épanchement) autour du tendon ou dans l'articulation. Une IRM ou un arthroscanner ne seront fait qu'en cas d'échec du traitement médical.

Le traitement médical

REPOS / ANTI INFLAMMATOIRES / KINESITHERAPIE

Ces trois traitements complémentaires permettent bien souvent de guérir la tendinite. Si ce n'est pas le cas des examens et une consultation spécialisée (Rhumatologues, Chirurgiens orthopédistes) est préférable. Une INFILTRATION (injection de Cortisone au contact du tendon) peut être envisagée.

La chirurgie

Elle est rare. Le traitement médical est souvent efficace. Elle ne s'adresse qu'aux tendinites récalcitrantes. Il existe alors une cause particulière : l'acromion a une forme agressive qui frotte contre le tendon. Le but de l'opération est de « nettoyer » le tendon et « raboter » cet os. Cette intervention se fait sous arthroscopie. L'hospitalisation est de 24h. Aucune immobilisation est nécessaire. La rééducation est par contre indispensable et doit être commencée dans les jours qui suivent l'opération. Cette opération permet d'obtenir la guérison dans 85% des cas. Mais les suites sont longues : il faut attendre au moins six mois pour que les douleurs régressent totalement.

Les tendinites du tendon du long biceps

Ce tendon ne fait pas partie de la coiffe des rotateurs. Son role est mal connu. Sa position et son trajet dans l'articulation de l'épaule le rendent souvent responsable de douleur. Ces douleurs sont dues à une inflammation du tendon.

Les douleurs

Elles ont les mêmes caractéristiques que celle de la coiffe des rotateurs. Elles sont plutôt antérieures et irradient volontiers dans le bras.

Les examens

les tendinites du long biceps sont rarement isolées. Elles s'associent souvent à une autre pathologie de l'épaule ( tendinite ou rupture de la coiffe, instabilité de l'épaule). Des radiographies seront faites. Une échographie voire une IRM peuvent être utile.

Les traitements

REPOS / ANTI INFLAMMATOIRES / KINESITHERAPIE

Une intervention chirurgicale ne sera envisagée qu'en cas d'échecs du traitement médical. Il faut d'abord traiter la cause de la tendinite ; réparer la coiffe ou stabiliser l'épaule. Si le tendon du biceps est très endommagé, une TENODESE est réalisée. On coupe ce tendon pour le refixer « plus bas » sur la face antérieure de l'humérus. Le but de cette intervention est de détendre ce tendon et de modifier son trajet dans l'articulation pour qu'il ne subisse plus de contrainte pouvant l'enflammer. Cette intervention est faite sous arthroscopie durant une courte hospitalisation. Les conséquences sur la fonction de l'épaule et du bras seront quasiment imperceptibles

fin

Notre spécialiste de l'épaule

Dr ROBERT

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Dr. Guillaume ROBERT

Chirurgien orthopédiste
Chirurgien de la main

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